3+3 = 1+1

Vous n’imaginez pas ! La Porte s’Ouvre est née en 1998. 22 ans ! 22 ans de jeux de rôles, d’entraînement, de mises en situations.
Avec des managers, des techniciens, des commerciaux, des ingénieurs, des dirigeants, pratiquement toutes les fonctions, tous les jobs. Des dizaines de milliers de personnes
Dans des dizaines et des dizaines d’entreprises et des organisations extrêmement diverses.
Avec nous, Ils et elles ont développé leurs bonnes pratiques relationnelles. Ils et elles se sont entraînés sur toutes les situations d’entretien tendues et délicates. Des situations avec des enjeux parfois très élevés, avec des comportements souvent difficiles, dans des contextes très variés.
22 ans d’expérience du terrain, des terrains.

Le premier constat

Cela valait le coup de se retourner sur toutes ces années, de prendre un peu de recul. Et pourquoi pas, de tenter une sorte de bilan, de synthèse. Tentons.

Mille choses viennent à l’esprit.
Mais la plus évidente, la plus claire, c’est un constat.
Implacable et objectif, comme tous les constats : Un entretien dérape toujours pour les mêmes raisons, peu importe les protagonistes sujet et le contexte. Et quand nous disons toujours, ce n’est pas juste une formule.
C’est toujours. Ce n’est pas une opinion, c’est un fait.

A ce stade-là, vous pouvez légitiment penser que ce n’est pas une révélation extraordinaire. C’est exact. Mais ce n’est que le premier constat.

Le second constat est le plus troublant

Ces raisons pour lesquelles un entretien part dans le décor sont très peu nombreuses, facilement visibles et parfaitement identifiables.
Très peu nombreuses : il y en a trois. Pas plus
Facilement visibles : elles crèvent les yeux, ou plutôt les oreilles, sauf des protagonistes des entretiens en question
Parfaitement identifiables : on peut tous les définir, mettre des mots dessus.

Quelles sont-elles ?

Par ordre décroissant d’occurrence :

  1. Nous posons trop peu de questions.
  2. Nous sommes trop peu factuels.
  3. Nous sommes trop peu rationnels.

3 raisons, seulement 3. Pas plus, pas moins.
C’est peu. Mais cela suffit pour provoquer les 3 conséquences suivantes :

  1. Pas ou peu d’écoute.
  2. Le règne du jugement et des opinions.
  3. L’empire des émotions.

Cela, répétons-le car c’est fondamental, dans toutes les situations.

Qu’il s’agisse, par exemple de refuser quelque chose à quelqu’un de très énervé, de faire une critique à quelqu’un de très émotif, d’en recevoir une soi-même, d’affronter une personne mécontente, de faire parler quelqu’un qui se mure dans le silence, de faire une demande délicate, de convaincre un interlocuteur qui n’est pas d’accord, d’annoncer une nouvelle désagréable, la liste est très longue. Infinie.
Et sans distinction aucune de protagonistes, d’enjeu, d’objectif et de contexte.

Nous sommes sûrs et certains que vous vous reconnaîtrez dans ce ces propos. Ces situations, et les dérapages, vous les avez évidemment déjà vécus. Bien des fois. Et vous le revivrez, de nombreuses fois encore.

Entrons dans les détails.

Trois raisons et trois conséquences.

Raison n°1 : Nous posons trop peu de questions.

Toujours trop peu, voire pas du tout. Ou alors des questions qui n’ont pas beaucoup d’utilité et d’impact.
La conséquence mécanique est simple : nous n’écoutons pas. Cela fait des siècles qu’on nous dit qu’il faut é-cou-ter. Mais comment voulez-vous écouter en parlant, sauf à s’écouter parler (ce que nous adorons faire…). Et des arguments qui tombent à côté. Difficile de convaincre dans ce cas-là. Évidemment, c’est de la faute de l’autre qui n’y comprend rien, qui est buté, qui n’écoute pas (ben voyons) …qui, qui qui… Nous partons à toute vitesse dans l’argumentation, dans l’explication, comme des chiens à qui on lancerait une baballe.

Raison n°2 : Nous sommes trop peu factuels.

C’est fatigant d’être factuel, c’est pénible. Il faut rassembler des faits, vérifier les faits, exprimer les faits. Être un minimum posé, citer ses sources. Quel boulot ! Épuisant ! De plus, ce n’est pas très spectaculaire, et c’est très pauvre en adrénaline.
La conséquence mécanique : Nous préférons-nous les jugements, qui qualifient (en mal, sinon ce n’est pas drôle) la personne en face et/ou le contenu, ainsi que les généralisations, les amalgames, l’individualisation, (moi-je-moi-aussi) qui transforment nos échanges en conversations de fin de repas, de bistro ou de Facebook. C’est tellement plus facile, et tellement moins fatigant.

Raisons n°3 : L’empire des émotions.

Plus précisément de la Colère, notez le « C » majuscule, ouh la vilaine ! Émotion générique qui décline en énervement, agacement, violence, brutalité, en mode glaciation ou pétardant brûlant, bref que des comportements qui incendient très rapidement un échange et peuvent faire exploser une relation, l’abimer ou la vicier. Mais nom de Dieu qu’est-ce que ça soulage ! Sur le moment. Ça fait un bien fou. Il faut bien qu’il y ait un bénéfice.

3 raisons.
Toujours les mêmes.
3 conséquences
Toujours les mêmes.

En conclusion : Une bonne et une mauvaise nouvelle.

La mauvaise : Nous sommes devant un état de fait. Autrement dit c’est comme ça et pas autrement. Nous avons tout intérêt à l’accepter, et à ne pas vouloir que le soleil se mette à se lever à l’ouest. Sans quoi nous nous préparons des nuits hantées par le spectre hideux de la culpabilité. Très désagréable.
La bonne : Seulement trois raisons. Trois causes qui font déraper un entretien difficile. C’est un tout petit nombre. Faire attention à ces trois causes est à la portée de chacune et chacun (ou presque).
Nous en reparlerons dans un prochain article.

Et cela dépend de ce que nous voulons pour la relation et de la relation.
Ce que nous en attendons.
Nous sommes toutes et tous souverains.
De cela aussi nous reparlerons…