Professionnel, tu parles !

Professionnel. Pffffff ! Un des mots les plus utilisés, usé jusqu’à la corde, jusqu’à devenir transparent ! Ehoh ! La Porte !  Vous avez aussi cédé à cette facilité, non ?

Dites, « Professionnel », on espère bien ! Il ne manquerait plus que ça. Que vous soyez des…comment dit-on déjà, des « amateurs », même si les deux termes ne sont pas vraiment opposés. 

On espère bien que vous êtes des professionnels de votre profession ! Comme tout le monde d’ailleurs ! Vous réalisez que ce n’est absolument pas un gage ou une preuve de valeur supérieure. Professionnel, quand on pratique un métier, c’est un état normal. 

Non mais c’est vrai, quoi ! Personne n’imagine des gens qui ne font pas bien leur boulot continuer durablement à le faire. Si le pain n’est pas bien fait dans une boulangerie, vous allez l’acheter ailleurs. Si on vous sert de la bouillasse au restaurant, sans un sourire qui plus est, le restaurateur ne vous reverra pas. Un consultant qui vous saccage un projet se fait virer avec pertes et fracas. Fin de l’histoire. 

Donc inutile d’en faire un foin de ce « Professionnel ».

Pourtant, vous à la Porte, tranquilles, relax, vous dites que vous concevez et animez des jeux de rôles « Professionnels » Et avec la Majuscule de rigueur ! Ah si ! Je l’ai vu sur la page Linkedin ou le site (il est très bien, soit dit en passant, votre site, très professionnel, non allez je rigole). Un peu obtus, à la Porte s’Ouvre, non ?

Et attendez ! Non contents, vous persévérez : vous criez à qui veut bien le lire ou écrivez à qui veut l’entendre, ou l’inverse, que vous avez Professionnalisé le jeu de rôle. Rien que ça ! Hé ! La Porte en question doit être bien large pour que les têtes enflées puissent les franchir !!!

Non, je vous aime bien, mais vous êtes agaçants.

La réponse de La Porte :

« Merci de votre message, que nous avons lu avec beaucoup d’attention. Nous comprenons votre position et… »

Non !!! Pas cette réponse. Pas de réponse de cet acabit ! 

Merci ? Pourquoi « Merci ». On n’a rien demandé, nous !

« Nous avons lu avec beaucoup d’attention » C’est vrai et ça nous a bien énervés.

Nous comprenons ? Ah non, par pitié, pas de « je comprends ». Le syndrome de la Comprenette. Assez avec ce terme qui finit par être l’expression d’une condescendance indifférente. Je comprends mais je m’en fous. Stop ! A la limite « J’entends ». Un accusé de réception, neutre, mécanique. A la limite. Et ça permet de prendre son temps pour répondre. J’entends. Et puis non. Non plus. Trop utilisé. Il y en a partout. Une pandémie. Le monde entier, comprend et entend. Le monde entier est intelligent et, bonne nouvelle, a les oreilles propres. Donc exit « J’entends ».

  1. S’il faut un accusé de réception. Prenons OK. Ou « Oui ». Plus simple, non ?

Suivi de… Mais.

Qui a dit, avec justesse, que tout ce qui était avant un « Mais » était inutile ?

Réponse (bis) de la Porte 

« OK/Oui (au choix). Quand nous disons « Professionnel », c’est 

  • Pour indiquer que nous sommes en B-to-B. Donc que nos clients et utilisateurs sont des professionnels. Et d’une ! 
  • De plus, quand nous disons « Professionnel », c’est pour bien préciser que notre action est faite pour faciliter les rapports, les relations entre les gens dans le cadre du boulot. Pas ailleurs. Donc dans l’univers professionnel. Et de deux. 
  • Enfin, quand nous disons que nous avons professionnalisé le jeu de rôle, nous assumons totalement. 

Professionnaliser, c’est rendre le jeu de rôle le plus utile possible pour les utilisateurs professionnels dans leur cadre professionnel. Ce n’est pas un effet de style, une coquetterie de langage. C’est une question d’efficacité. 

Pour parvenir à cette fin, nous avons inventé deux métiers : celui de scénariste de jeu de rôle, (très précis pour coller aux objectifs et aux attendus), et celui de rôliste, le partenaire d’entraînement (dûment formé à cette posture si spéciale). Puis nous avons prêté beaucoup d’attention à la mise en scène (un jeu de rôle reste un jeu, c’est à dire un moment de plaisir, d’émotions) Enfin, nous avons travaillé sur la séquence du débriefing pour l’organiser et l’ordonner pour que les gens qui s’entraînent avec nous repartent en se disant « ça, demain, je vais pouvoir le faire », plutôt que « oh là là c’est super, mais je sais pas si je vais y arriver ».

Professionnel. 

Le jeu de rôle le méritait bien.

Oui.